Une carte blanche dénonce les violences basées sur le genre dans les universités
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Belgique et monde

Une carte blanche dénonce les violences basées sur le genre dans les universités

L’équipe en charge de la politique du genre et de la lutte contre les violences à l’UCLouvain signait jeudi, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, une carte blanche plaidant pour "une université exempte de (cyber)violences basées sur le genre", relayée par la RTBF.

"Pour qui vous prenez-vous?", "Grosse pétasse ridicule." C’est avec ces mots que l’équipe de l’UCLouvain débute sa carte blanche, des termes qui "trop souvent" accueillent "l’expertise des femmes académiques". Ces mots, envoyés par e-mails ou via les réseaux sociaux, sont "destinés, consciemment ou inconsciemment" à rappeler aux femmes "ce qui est considéré comme leur juste place: hors de la sphère publique".

"Non, l’université n’est pas épargnée par le fléau des cyberviolences sexistes", regrettent les femmes en charge de la politique du genre à l’université louvaniste. Les hommes aussi sont concernés, mais moins et d’une manière différente. "Leurs compétences ne sont pas systématiquement mises en doute en raison de leur genre", souligne la carte blanche. Les initiatrices prennent comme exemple la vaccination des jeunes contre le Covid-19. On dit aux hommes: "‘Comment est-ce possible que des gens aussi responsables et qualifiés que vous en arrivent à de telles idées?’. On ne leur dit pas: ‘Pour qui vous prenez-vous?’. On leur dit: ‘Où est passée votre lucidité?’. On ne leur dit pas: ‘J’ai honte pour vous’." Et surtout, la question de savoir s’ils ont des enfants est "bien évidemment réservée aux expertes".

Aux violences sexistes peuvent aussi s’ajouter les violences racistes - qui visent aussi les hommes mais eux ne subissent pas de sexisme. Les étudiantes sont également visées par ces violences.

Les violences sexistes se font d’autant plus prégnantes lorsque les femmes académiques travaillent dans un domaine d’expertise considéré comme masculin (finance, énergie, politique...) ou lorsqu’il a trait à des questions sensibles comme le genre et/ou d’autres rapports d’oppression (racisme, homophobie...), éclairent les signataires.

La carte blanche veut "rappeler que la lutte contre les violences ne peut être que collective". Les signataires appellent les universités à "renforcer les ressources à disposition des citoyennes et citoyens victimes de cyberharcèlement". Il faut également former "aussi largement que possible les personnes impliquées dans leurs cursus" ainsi que mettre à disposition des membres des institutions académiques "les ressources internes susceptibles de les accompagner juridiquement sur la voie de la dénonciation de ces faits minimisés". Elles préconisent aussi de proposer des accompagnements internes pour écouter et soutenir les victimes.

À ces dernières, les signataires de la carte blanche veulent dire qu’elles ne sont "en aucun cas responsables" de ce qui leur arrive et qu’elles ne sont pas seules.

"Vous qui vous apprêtez à rédiger un commentaire dénigrant sur les réseaux sociaux, vous qui likez ou partagez ce même commentaire, vous qui êtes sur le point de diffuser des photos intimes de votre ex: abstenez-vous", conclut la carte blanche, également signée des dizaines de membres de l’UCLouvain et d’autres universités.