Des cimetières en mutation à Tournai
Isabelle Descamps avance bien dans l’encodage des cartes des cimetières.Crédits: ÉdA – 501712278149
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Tournai

Des cimetières en mutation à Tournai

Travail de cartographie des sépultures, mise en place de columbariums, végétalisation des allées, etc. Le point sur ces trois avancées en matière de gestion des cimetières, à quelques jours de la Toussaint.

Au moment où beaucoup de familles commenent à se rendre dans les cimetières pour honorer la mémoire de leurs défunts, le bourgmestre, Paul-Olivier Delannois, et l’échevine des travaux, Laurence Barbaix, ont fait le point sur des avancées réalisées en matière de gestion globale des cimetières.

Les incinérations sont de plus en plus nombreuses et le phénomène ne va pas en diminuant. La crise du Covid-19 a provoqué une augmentation des incinérations au début de la pandémie, et a donc méchamment accentué le manque criant de cellules disponibles. «À l’échelle de toute l’entité, il y a quelque 400 cellules disponibles mais dans certains cimetières il en manque», indique Laurence Barbaix.

Dans l’attente de la création de nouvelles places, des urnes ont dû rester au funérarium, dans d’autres cimetières voire chez la famille. Tout rentre heureusement dans l’ordre depuis que de nouveaux columbariums préfabriqués contenant 192 cellules sont mis en place dans plusieurs cimetières de l’entité, pour un budget total de 70 000€. «Ces columbariums ont été assemblés et montés par nos maçons, qui s’occupent aussi de la construction de cellules classiques en briques dans les cimetières du Sud et du Nord, ainsi qu’à Mourcourt. Tous les transferts d’urnes ont été réalisés par la ville et, désormais, les familles peuvent se recueillir dans le cimetière de leur choix».

Des cimetières en mutation à Tournai
De nouveaux columbariums préfabriqués ont été mis en place dans plusieurs cimetières de l’entité, comme ici à Havinnes. Photo: EdA

Les vieux plans en papier au placard

La commune a engagé en juin dernier une personne chargée de s’occuper spécifiquement de la gestion des cimetières. Il existe une multitude d’éléments dont il faut tenir compte à moyen et long terme; procéder à temps à désaffectations ainsi qu’à des exhumations pour libérer de la place, adapter les ossuaires, recenser les places disponibles, etc.

Isabelle Descamps, la Madame cimetière de Tournai, a déjà procédé à l’encodage des informations pour chaque sépulture d’une petite dizaine de cimetières parmi les trente-trois que compte l’entité. «Actuellement, là où le travail de cartographie n’a pas encore été finalisé, il faut se débrouiller avec de vieux plans où du papier collant a été mis là où ça se déchire. Même avec une loupe, on peine parfois à lire un numéro de sépulture», nous dit-elle en exhibant un plan de Kain où le travail est terminé. «Cet outil sert de fil conducteur lors de l’examen des tombes dont la concession arrive à échéance. Le plan est désormais mis à jour plus facilement et permet d’avoir une vue d’ensemble et cohérente des cimetières, zone par zone, de ce qui a été fait et reste à faire, en donnant un aperçu des besoins à l’horizon de dix ans».

Huit cimetières à ce jour végétalisés

Depuis juin 2019, les produits phytopharmaceutiques, dont les herbicides font partie, sont bannis de l’espace public. Les communes ont donc dû adapter leur manière de gérer leurs cimetières. À Tournai, le service des espaces verts a déjà réalisé toute une série d’aménagements nature selon la méthode de la gestion différenciée. Huit cimetières ont été réorganisés et végétalisés à ce jour, dont celui de Warchin. Les allées recouvertes de gravier ont été enherbées il y a un mois environ.

Des cimetières en mutation à Tournai
La nature reprend progressivement sa place dans plusieurs cimetières tournaisiens. Isabelle Descamps, la Madame cimetière de Tournai, et Laurence Barbaix, échevine des travaux, le constatent à Warchin. Photo: EdA

Le résultat est séduisant. Le lieu de recueillement s’en trouve davantage apaisant et propice au ressourcement. Ce n’était pourtant pas forcément un pari gagné d’avance. «Quand nous avons stoppé l’utilisation d’herbicides, entre six et neuf semaines étaient nécessaires pour nettoyer les allées et certaines zones des 33 cimetières de l’entité. Depuis que notre service des espaces verts a la possibilité de tondre la pelouse des allées, deux à trois semaines suffisent», indique Laurence Barbaix. Les mentalités évoluent dans le bon sens, nous dit-elle. «Il y a de moins en moins de plaintes de la part de gens qui ont le sentiment ou l’impression que les cimetières sont négligés».