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Tournai

VIDÉO | Une geôle de la Gestapo dans les caves de l’Athénée Campin

Préservée et désormais sauvée de l’oubli, la geôle située dans les caves de l’athénée Robert Campin faisait partie d’une «haflager», une prison nazie de transit.

Grâce à l’action de toute une série d’intervenants - le War heritage institute, Hainaut mémoire, la Ville de Tournai, la Confédération nationale des prisonniers politiques et ayants droit (CNPPA), l’athénée Robert Campin et la maison de jeunes Masure 14 - une sombre page régionale de l’histoire de la seconde guerre mondiale sort désormais de l’ombre.

Via des photos reprises sur des panneaux didactiques réalisés par les élèves de 5e et 6e secondaires de l’option histoire de l’athénée, mais aussi à travers une œuvre monumentale de street art de 7 m sur 3, graffée par des jeunes de Masure 14 en collaboration avec la Province (Hainaut mémoire) sur le mur du parking de la section maternelle, l’existence de la prison nazie est portée à la connaissance du grand public.

Le bâtiment qui l’abritait à l’époque était en réalité le couvent des sœurs de la Visitation.

VIDÉO | Une geôle de la Gestapo dans les caves de l’Athénée Campin
La découverte de la cellule a donné lieu à diverses actions à caractère pédagogique comme la confection de cette fresque par les jeunes de Masure 14 ou la réalisation de panneaux didactiques par les élèves de l’option histoire. Photo: EdA

Après la guerre, celui-ci a été réhabilité à des fonctions essentiellement éducatives.

Il est aujourd’hui propriété de la Fédération Wallonie-Bruxelles et accueille la section maternelle de l’athénée Robert Campin.

Des témoignages émouvants inscrits au crayon sur les murs

Si l’on excepte les tuyaux qui la traversent et la porte d’entrée qui a été changée, une seule geôle de l’ancienne prison allemande est restée «dans son jus». La portion de sous-sol qui la jouxte a été en grande partie remaniée et repeinte.

VIDÉO | Une geôle de la Gestapo dans les caves de l’Athénée Campin
La cellule jouxte la chaufferie et est désormais traversée par des tuyaux mais, fort heureusement, les murs n’ont pas été repeints et les annotations des prisonniers sont toujours visibles. Photo: EdA

Il est heureux que cette pièce d’à peine dix mètres carrés ait échappé aux travaux car elle porte sur ses murs plusieurs inscriptions (au crayon) qui témoignent du passage des prisonniers au sein de cette prison par laquelle ont transité des milliers de personnes durant la seconde guerre.

Sur le site www.in-memoria.be, on peut lire le témoignage d’André Leveau (décédé en 2013), évoquant l’existence de cette prison: «Pendant l’Occupation, les Allemands, à la recherche des rares bâtiments vides dans notre ville aux trois quarts détruite, ne tardèrent pas à occuper les lieux.

VIDÉO | Une geôle de la Gestapo dans les caves de l’Athénée Campin
Certaines inscriptions permettront peut-être de retrouver des membres de la famille de certains prisonniers qui sont passés par cette prison. Photo: EdA

Vers 1942 ou 1943, ils en firent une prison de transit (parfois vers les camps de la mort) où séjournèrent résistants pris sur le fait ou dénoncés, réfractaires au travail en Allemagne, ou tout simplement acteurs du marché noir.

VIDÉO | Une geôle de la Gestapo dans les caves de l’Athénée Campin
L’ancien couvent a vu défiler des milliers de prisonniers en partance vers l’Allemagne… Photo: EdA

Le chef de cet antre sinistre était l’adjudant Alfred Rechser, réputé pour ses interrogatoires musclés. Les voisins parlaient de la «prison d’Alfred». Je revois ces femmes, épouses ou mères d’internés, parlementant devant la porte cochère avec les geôliers allemands, essayant d’obtenir la permission de passer un colis aux prisonniers.

VIDÉO | Une geôle de la Gestapo dans les caves de l’Athénée Campin
Guy Derasse, vice-président CNPPA, était bébé quand son papa a été fait prisonnier et emmené ici avant d’être déporté vers l’Allemagne où il est décédé. Photo: EdA

Début septembre 1944, une poignée de soldats de la Wehrmacht capturés à la Libération y furent enfermés avant leur évacuation vers l’ouest par les Anglais.»