VIDÉOS | 12 choses étonnantes à propos de Coluche, disparu voilà 35 ans
Décédé à 41 ans, le 19 juin 1986, en pleine gloire. Mais sa vie fut un roman.Crédits: -
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VIDÉOS | 12 choses étonnantes à propos de Coluche, disparu voilà 35 ans

Enfant de banlieue, demi-voyou devenu humoriste féroce et incroyablement populaire, candidat éphémère à la présidence de la République puis créateur des «Restos du cœur», Coluche est décédé tragiquement voilà 35 ans, âgé seulement de 41 ans.

1.Il a démarré dans la troupe du «Café de la Gare»

En 1969, alors qu’il a végété dans une kyrielle de petits boulots, après avoir tâté de la chanson (il reprenait Bobby Lapointe, Boris Vian et Georges Brassens) et même créé un groupe «Les Craignos Boboys», il fait du cabaret et est hébergé par ...Georges Moustaki.

Il rencontre alors Romain Bouteille (décédé le 1er juin dernier à l’âge de 84 ans) et fait partie des fondateurs du Café de la Gare, un café-théâtre mythique (Poelvoorde y a joué son seul en scène «Modèle déposé» en 1997) qui va réunir des comédiens venus d’horizons très différents tels Patrick Dewaere, Henry Guybet, Miou-Miou, Rufus, Renaud, Gérard Lanvin ou Gérard Depardieu. C’est un jeune homme encore tout mince à l’époque.

Tout ne se passera pas au mieux, car Coluche picole pas mal et c’est parfois la bagarre. Romain Bouteille, décédé il y a peu, dira qu’il appréciait l’humoriste, mais sans plus. Mais il reste considéré comme le père artistique du futur Coluche.

2.Il n’hésitait pas à piquer des idées

Il disait «qu’une blague appartient à celui qui s’en sert le mieux». Durant toute sa carrière, Coluche ne s’est pas trop gêné pour emprunter des vannes aux autres. Ainsi, «Le Schmilblick» (mot inventé par Pierre Dac), qui fut un de ses premiers succès, parodie d’un jeu télé où défilent des candidats pour découvrir un «objet-mystère», lequel s’inspirait d’un délire analogue de Jean Yanne.

Notons aussi que son sketch, «L’auto-stoppeur», avait-il été écrit par le comédien Gérard Lanvin, qu’il côtoyait au café-théâtre «le Café de la Gare», mais il ne l’a pas souvent crédité.

3.Un biopic raconte sa brève candidature à la Présidentielle

Il y a donc eu un film racontant non pas toute sa carrière mais ce moment de sa vie où il s’est lancé comme candidat à la présidence de la République en 1981, faisant rapidement un tabac dans les sondages et devenant donc une «menace» pour la classe politique (il se retirera et François Mitterrand l’emportera).

C’est signé Antoine De Caunes et c’est sorti en 2008 sous le titre, « Coluche: l’histoire d’un mec », avec François-Xavier Demaison en Coluche (qui a pris 14 kg pour le rôle et fut nommé aux césars), Lea Drucker dans le rôle de sa femme, Véronique Colucci et ...un étonnant Olivier Gourmet dans le rôle de l’imprésario Paul Lederman (rebaptisé d’un autre patronyme dans le film, car l’intéressé ne voulait pas qu’on cite son nom).

Pas de super critiques à la sortie, mais pourtant un film très chouette à voir ou revoir. Aucun autre humoriste français mythique n’a eu ainsi un film évoquant sa vie et son œuvre.

4.«Tchao Pantin» (1983), son seul rôle triste lui vaut un césar

Soudain, dans les magazines de cinéma français, on a vu apparaître une photo-choc: celle de Coluche en tenue de pompiste, avec de longs favoris, un œil noir et le visage triste.

C’était pour «Tchao Pantin» où pour la première fois, devant la caméra de Claude Berri, Coluche tenait un rôle grave et même triste.

Il dira par après qu’on avait juste filmé sa déprime et qu’il n’a rien fait dans ce film, qui lui valut un césar. Il faut dire qu’en dehors de sa saisissante apparition en bonhomme triste, alcoolique et mélancolique, le film a moins bien vieilli que ses meilleures comédies comme les délicieux «Inspecteur Labavure» ou «L’aile ou la cuisse ».

5.Son imprésario? Le même que Claude François ou… les Inconnus

Âgé aujourd’hui de 81 ans, Paul Lederman est un imprésario mythique du monde du spectacle en France puisqu’il a lancé Claude François et s’est occupé de produire aussi Mike Brant, Polnareff, Christophe, Thierry Le Luron et plus tard Les Inconnus.

Et bien sûr Coluche, ce qui a provoqué plus tard une cascade de procès. En effet, Lederman s’est déclaré ayant-droit de tous les sketches de Coluche. D’où un conflit juridique avec les fils de l’humoriste qui a duré pendant plus de 20 ans. Mais en 2019, c derniers ont obtenu que Lederman leur verse pour plus d’un million d’euros d’arriérés sur les œuvres de leur père.

6.Sa salopette mythique, un modèle américain

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Un modèle créé dans le Wisconsin fin 19e. Photo: -
Assez vite, Coluche a arboré durant ses sketches, ses passages en télé et sur scène, une salopette devenue partie intégrante du personnage.

Il s’agit d’un modèle créé en 1895 aux États-Unis, et qui porte le nom de la ville dont il est originaire dans le Wisconcin, à savoir Oshkosh.

Aujourd’hui, sur des sites de vente en ligne, on peut acheter «la salopette de Coluche» et l’arborer dans une soirée déguisée (à moins de vouloir entamer une carrière de sosie).

Lui, apparemment, avait opté pour ce modèle qui cachait un peu ses rondeurs. Coluche, il est vrai, avait un appétit féroce et se souciait peu de sa ligne.

7.Il a deux grands fils: Romain et Marius

Marius Colucci, fils cadet de Coluche, a 44 ans aujourd’hui. Et il est comédien, il a participé à une vingtaine de films (dont un second rôle dans «Mandibules» le nouveau film de Quentin Dupieux).

Il fait aussi parfois des chroniques sur France Inter, dans l’émission satirique « Par Jupiter! » qu’anime Charline Vanhoenacker.

Quant à l’aîné, Romain, né en 1972, il est très discret médiatiquement. Toutefois, il a supervisé plusieurs ouvrages consacrés à son père, des compilations de citations et d’aphorismes, mais aussi un livre de souvenir, «Un humour impossible», paru en 2016.

8.Son mariage burlesque avec Thierry Le Luron

C’est une des images marquantes de la carrière de Coluche, son mariage loufoque avec son collègue humoriste (mais aussi imitateur) Thierry Le Luron, pour le meilleur et pour le rire. C’était le 25 septembre 1985 et les images de Coluche en robe de mariée ont fait sensation.

On était encore à des années de la légalisation du mariage gay. Le paradoxe: les deux «mariés» décéderont l’année suivante.

9.Il avait créé les Restos du cœur, dans le cadre de «travaux d’intérêt général»

En 1985, Coluche est condamné à des travaux d’intérêt général pour «injures à un policier». Sur ce, il lance l’idée d’une «cantine gratuite» à Paris pour les gens dans la misère.

Ce sera le premier « Restos du cœur» ouvert finalement…à Lille, en présence de Pierre Mauroy. Et le début d’une œuvre qui perdure, très soutenue médiatiquement, puisque «Les Enfoirés» et les «Restos» existent toujours avec 2013 centres aujourd’hui.

10.Une Place à Paris, une stèle à Fernelmont

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Photo: -

Signe de sa notoriété toujours vivace, pour les 20 ans de sa mort, on a inauguré une place Coluche à Paris. Elle se situe à cheval sur les 13e et 14e arrondissements, pas loin de la maison où il a vécu, dans les environ du parc Montsouris.

Il existe bien d’autres choses à son nom: la Maison Michel-Colucci à Arras, le cinéma Le Coluche à Istres.

Il y a même une stèle Coluche à Noville-les-Bois (Fernelmont, près de Namur) où les Restos du cœur belges ont le siège de leur fédération. Elle fut inaugurée en 2015 pour les 30 ans de son décès.

Il y est mentionné « J’ai une petite idée comme ça… » car c’est ainsi qu’un matin de 1985, sur les ondes d’Europe 1, il a imaginé le projet des «Restos du cœur».

11.Il avait battu un record du monde de vitesse à moto

Fou de sports mécaniques, et surtout de moto, Coluche s’est inscrit au Paris-Dakar en 1985.

Et la même année, il a battu le record du monde de vitesse au volant d’une Yamha, le 19 septembre, en atteignant 252,087 km/h sur le circuit de Nardo en Italie.

12.Son accident mortel a fait l’objet de thèses complotistes

Il est donc mort voilà 35 ans, le 19 juin 1986, alors que roulant à moto avec deux amis (il ne portait pas de casque) entre Cannes et Opio dans le Midi, il est entré en collision avec un camion de gravats qui changeait de direction.

Une mort instantanée, et un enfer aussi pour le chauffeur du camion, dénommé Albert Ardisson, octogénaire aujourd’hui, et qui a dû subir durant des années les thèses complotistes et la vindicte des fans de l’humoriste. «Putain de camion», chantera Renaud.

En effet, certains proches de Coluche ont prétendu que « le camion ne s’était pas trouvé là par hasard » et que sa manœuvre avait peut-être été intentionnelle, que «Coluche dérangeait», que l’enquête n’avait pas été claire.

Le camionneur, lui, dit que l’humoriste roulait très vite, qu’il ne l’a pas vu venir et qu’il est lui-même «la deuxième victime » de l’accident.