À L’HEURE LOCALE

VIDÉO | Le sapin de Noël, le véritable roi des forêts wallonnes

Alors que les sapins sont occupés d’envahir les salons aux quatre coins du pays, il y a fort à parier que le conifère qui va débarquer chez vous aura été planté, élevé et coupé pas très loin, ici, en Wallonie.

En partenariat avec l’Apaq-W

Comme chaque année à pareille époque, un peu partout en Wallonie, ce sont plus de trois millions de sapins qui vont être coupés dans les prochaines semaines pour aller décorer les intérieurs de nombreuses familles wallonnes, mais pas seulement.

Le sapin wallon a la cote, chez nous évidemment, mais bien au-delà de nos frontières. «Avec 20% de notre production, nous répondons largement à la demande, confirme Didier Ernould, le gestionnaire de l’Union Ardennaise des Pépiniéristes. Le reste, environ 80%, prendra la route pour rejoindre nos voisins français, italiens ou hollandais, voire espagnols. Cela reste minime, mais nous avons quand même un producteur qui fournit des sapins régulièrement au Japon et, en fonction des années, certains s’en vont aussi jusqu’en Russie. »

 

Cela reste minime, mais nous avons quand même un producteur qui fournit des sapins régulièrement au Japon et, en fonction des années, certains s’en vont aussi jusqu’en Russie.

 

Des chiffres impressionnants qui font de la Belgique, et donc de la Wallonie, le deuxième pays exportateur de sapins en Europe, derrière le Danemark. Chez nous, la production de sapins se fait en effet presque exclusivement au sud du pays et couvre actuellement une zone de plus de 3 000 hectares, dont la majeure partie est située dans les provinces de Luxembourg et de Namur. « Au niveau de la surface agricole utile, nous ne représentons toutefois qu’une toute petite partie, pas plus de 0,5% de toute la surface agricole, précise le gestionnaire. Mais cela représente quand même environ 450 emplois directs et un peu plus en indirect.»

Un travail tout au long de l’année

Veiller sur le roi de la forêt pour qu’il soit prêt à Noël, cela demande du travail tout au long de l’année! Si les producteurs sont actuellement en plein rush, ils ne s’ennuient pas pour autant au fil des saisons. «Il y a énormément de soins à prodiguer tout au long de l’année, confirme Didier Poncin dont la pépinière bertrigeoise commercialise 200 000 sapins tous les ans à cette saison. Et particulièrement cette année parce que nous avons eu des dégâts de gel au printemps. Il faut tailler les arbres, faire attention aux mauvaises herbes qui font concurrence aux jeunes pousses, apporter des corrections pour que les sapins soient homogènes, les peigner, mettre des protections pour éviter que les oiseaux ne cassent les têtes. Planter un sapin et revenir dix ans plus tard en pensant avoir un bel arbre de Noël, cela ne fonctionne pas.»

 

Une fois qu’il est en terre, il faut encore attendre au moins huit ans. Nous employons une quinzaine d’équivalents temps plein tout au long de l’année et plus de cinquante personnes à cette période.

 

Car, avant de décorer votre salon durant quelques semaines, les Épicéas ou autres Nordmann ont grandi pendant 10 à 13 ans, grâce au savoir-faire des producteurs de notre région. « Parce que nous nous occupons de nos sapins depuis la graine, précise Didier Poncin. Une fois qu’il est en terre, il faut encore attendre au moins huit ans. Nous employons une quinzaine d’équivalents temps plein tout au long de l’année et plus de cinquante personnes à cette période. »

Dans les plantations, les espèces ont évolué avec les années, en fonction de la demande. «Il y a cinquante ans, nous ne faisions presque que de l’Épicéa commun, confirme Didier Ernould. Au fur et à mesure de l’évolution des mœurs, nous avons planté de plus en plus de Nordmann, qui représentent aujourd’hui 90% du marché. »

 

Il y a cinquante ans, nous ne faisions presque que de l’Épicéa commun. Au fur et à mesure de l’évolution des mœurs, nous avons planté de plus en plus de Nordmann, qui représentent aujourd’hui 90% du marché.

 

À l’heure d’acheter son sapin et avant d’y suspendre ses boules et autres garnitures, les consommateurs peuvent s’assurer de la qualité de celui-ci en vérifiant qu’il possède bien le label «Véritable». Le label établit les normes de qualité des sapins de Noël. Et depuis deux ans, le label «Véritable et écoresponsable» veut en plus favoriser la biodiversité», clôture Didier Ernould.

Couper soi-même son sapin

VIDÉO | Le sapin de Noël, le véritable roi des forêts wallonnes
Anne-Sophie de Wouters Photo: ÉdA Mathieu Golinvaux
Sur les hauteurs d’Anhée, la famille de Wouters a décidé de planter et commercialiser des sapins il y a huit ans. «À la base, nous étions une ferme, raconte Anne-Sophie de Wouters. Mon père avait du bétail depuis 35 ans. Comme les vaches laitières et viandeuses, cela ne marchait plus et cela ne collait plus non plus avec lui, il a décidé d’arrêter et comme nous avions des prairies libres, il s’est dit que nous allions planter des sapins.»

Pour bien faire les choses, la fratrie de Wouters a pris le temps de se renseigner. «Nous avons pas mal voyagé, confirme-t-elle, rencontré des collègues, pris contact avec l’Union Ardennaise des Pépiniéristes. Nous avons suivi des formations.»

 

Nous avons complètement dû revoir notre façon de travailler, parce que nous sommes les seuls à faire du sapin bio en Belgique. Nous voulons vraiment protéger notre sol et la biodiversité.

 

La famille de Wouters a en plus décidé de travailler en bio. «Et même en agroécologie, précise Anne-Sophie de Wouters. Nous avons complètement dû revoir notre façon de travailler, parce que nous sommes les seuls à faire du sapin bio en Belgique. Nous voulons vraiment protéger notre sol et la biodiversité. Nous n’utilisons aucun produit phyto, aucun engrais. Les sapins poussent tout à fait naturellement.»

Des 300 sapins vendus la première année, l’entreprise Sapi-Grange a aujourd’hui bien grandi. Elle écoule désormais plus de 4 000 sapins en Wallonie, parce qu’elle n’exporte qu’une infime partie de sa production. Concept original, elle propose en outre de venir choisir son sapin encore sur pied et de le découper en famille. «Quand nous étions plus jeunes, c’est une activité que nous avons toujours faite dans notre famille et que nous avons voulu proposer à la clientèle. Couper son sapin soi-même, c’est la meilleure garantie de sa fraîcheur», sourit la gestionnaire. Au vu de l’affluence du mercredi au dimanche sur les hauteurs d’Anhée, le concept a visiblement ses adeptes.

Et pour ceux qui ne voudraient pas enfiler leurs bottes, l’équipe de Sapi-Grange propose aussi des sapins fraîchement coupés dans la cour de la ferme.