Des chefs cuisiniers soignent les soignants à Péruwelz
Une fameuse et performante équipe s’est formée autour des deux chefs cuisiniers péruwelziens.Crédits: -
PÉRUWELZ

Des chefs cuisiniers soignent les soignants à Péruwelz

Deux chefs cuisiniers préparent avec des bénévoles et grâce à des dons des centaines de plats à distribuer au personnel soignant. Toutes denrées alimentaires offertes sont bienvenues pour poursuivre le projet.

Se lamenter n’est pas dans le tempérament d’Yves Deleau (Tonton Toque). «Bien sûr que des choses ne vont pas. Le personnel soignant est malmené, il est épuisé et c’est révoltant. Avec notre projet, on peut donner le sourire un moment à ces gens, leur permettre de passer un bon moment en rentrant chez eux après le travail, et peut-être inciter d’autres personnes à se mobiliser à leur tour. Car, quitte à subir la crise, autant que ça soit dans un esprit fraternel», dit le chef péruwelzien. Il n’a pas dû insister auprès de Frédéric De Braekeleer (Un chef à la maison) pour qu’il se lance avec lui dans cette fameuse aventure visant à préparer des centaines de plats et à les distribuer chaque vendredi au personnel soignant d’hôpitaux de la région.

Des chefs cuisiniers soignent les soignants à Péruwelz
Beaucoup de bénévoles ont apporté leur aide au projet. Photo: -
Tous les deux ont déjà mené dans le passé de beaux projets solidaires, seuls ou en équipe. Celui-ci vient de démarrer sur les chapeaux de roues. «On s’est rendu compte que c’était un projet assez fou dès le moment où on a commencé à être débordés sur la page Facebook créée samedi pour l’occasion et baptisée ‘Soignons nos soignants’. On a eu des tas de propositions pour donner un coup de main, offrir des denrées pour préparer les plats, etc.»

Outre l’investissement humain considérable, une des clés de la réussite de cet élan solidaire dépend de la générosité de personnes qui veulent bien offrir des victuailles, des légumes, etc. Une dame a acheté 1 kg de poulet chez son boucher, des indépendants péruwelziens ont fourni 80 kg de poulet, des particuliers sont venus déposer des potirons pour la soupe et divers légumes pour le plat, etc. «Tout ça est vraiment très touchant».

Un plat différent chaque vendredi

Le premier plat, celui distribué vendredi dans deux hôpitaux d’Epicura, à Ath et Baudour, était un tagine de poulet à l’oriental façon parmentier. Celui de vendredi prochain sera dévoilé dès ce week-end pour permettre à tous ceux qui le souhaitent d’acheter ou de fournir tous les ingrédients nécessaires d’ici mardi. Et ainsi de suite, le temps qu’il faudra. «Tous ces gens qui s’impliquentavec nous, c’est une fameuse émulation». Des bénévoles sont venus aider à préparer les repas, ou ont participé au chargement des deux camions frigorifiques aimablement prêtés. Beaucoup de contributions ont permis de proposer un service très professionnel: un graphiste et un imprimeur pour l’étiquette, l’achat de barquettes individuelles, etc.

Des chefs cuisiniers soignent les soignants à Péruwelz
Chaque vendredi, un plat différent. Photo: -
La crise sanitaire ne facilite pas le travail en cuisine, mais les équipes assurent des roulements pour ne jamais y être trop nombreux en même temps. «On ne veut bien sûr pas prendre le risque de créer des malades supplémentaires. Mine de rien, on a dû créer une mini-entreprise très performante en quelques jours», sourit Frédéric De Braekeleer.

Une bénévole acquiesce. Elle a pris beaucoup de plaisir à apporter sa pièce à l’édifice. «Hier, j’ai pelé 50 kg d’oignons; aujourd’hui c’est moins fatigant. Ce qui me frappe ici, c’est qu’en pleine époque assez morose, on peut discuter dans une bonne ambiance et sourire avec des gens qu’on ne connaissait pas».

Pour participer au projet, rejoindre le groupe Facebook « Soignons nos soignants » ou contacter le 0479 67 35 62.