Gilbert se confie sur Evenepoel: «Au début, je ne le prenais pas trop au sérieux»
CYCLISME

Gilbert se confie sur Evenepoel: «Au début, je ne le prenais pas trop au sérieux»

Dans une interview vérité en prélude au Vélo de crystal, le Remoucastrien de 37 ans n’a éludé aucun sujet. Il a notamment couvert d’éloges le prodige Remco Evenepoel.

Nommé pour le Vélo de crystal, qui récompensera le meilleur cycliste belge de l’année ce mercredi, Philippe Gilbert s’est confié dans une longue interview au quotidien Het Laatste Nieuws. Sur ses chances de recevoir ce trophée honorifique, le coureur de 37 ans estime qu’il fait partie des trois favoris. «Trois noms vont revenir dans les bulletins de vote: Evenepoel, Van Aert et moi. Mais ma victoire sur Paris-Roubaix est déjà loin derrière nous. Dans la tête des gens, ils ont l’impression que c’était l’année passée. Tout ce qui s’est passé avant le Tour ne me compte plus.»

Le Remoucastrien s’est ensuite confié sur son désormais ex-coéquipier et concurrent pour le Vélo de Crystal, Remco Evenepoel. «Remco... ça, c’est vraiment un bon mec. Nous nous entendons bien. Il est si spontané, si honnête, si direct. Au début, je ne le prenais pas trop au sérieux. Je pensais qu’il était un peu fou. Il disait des choses avant la course, et je me disais: ‘Hé mais qu’est-ce que tu dis là? Calme-toi un peu’. Il allait faire ceci ou cela et attaquerait à un tel endroit… Je le trouvais un peu arrogant mais, quelques heures plus tard, il mettait tout cela en pratique en course. Impressionnant», avoue le nouveau leader de Lotto-Soudal.

Je le trouvais un peu arrogant mais, quelques heures plus tard, il mettait tout cela en pratique en course. Impressionnant.

Gilbert a notamment fait l’éloge du comportement du «Petit cannibale» lors des Mondiaux au Yorkshire, où Evenepoel s’était arrêté pour aider Gilbert, victime d’une chute, au point de dire adieu à ses chances de bon résultat. «Il pense et agit tactiquement, ce qui prouve aussi son riche potentiel. Ce qu’il a fait dans le Yorkshire était super-professionnel et ça le mènera loin plus tard. En faisant cela, il s’est approprié le droit de revendiquer le leadership et de pouvoir déterminer exactement ce qu’il faut faire au sein de l’équipe nationale», ajoute-t-il.

Ça m’intrigue de voir comment il s’arrache face aux grimpeurs colombiens sur des cols de plus de 2 000 mètres.

C’est de notoriété publique, Evenepoel rêve de gagner un Grand Tour, et plus particulièrement le Tour de France. Un exploit qui se refuse aux Belges depuis trop longtemps. Pour Gilbert, Evenepoel peut succéder à Lucien Van Impe, dernier vainqueur belge de la Grande Boucle, en 1976 s’il continue de travailler dur. «Il fait déjà partie du top mondial en contre-la-montre et, en moyenne montagne, il peut encore s’améliorer. Ce qui m’intrigue, c’est de voir comment il s’arrache face aux grimpeurs colombiens sur des cols de plus de 2 000 mètres. Surtout Bernal, qui est phénoménal dans ce domaine. Mais pas de panique: Remco va sans aucun doute travailler dur. C’était formidable de pouvoir s’entraîner ensemble à Monaco.»