Un pont s’effondre près de Toulouse: un deuxième mort retrouvé
Selon les autorités locales, ce pont «n’était pas répertorié comme un ouvrage sensible» et ne bénéficiait pas d’une surveillance particulière.Crédits: AFP
FRANCE

Un pont s’effondre près de Toulouse: un deuxième mort retrouvé

Un deuxième corps, celui du chauffeur d’un camion, a été retrouvé lundi après l’effondrement d’un pont suspendu à Mirepoix-sur-Tarn (Haute-Garonne), ont indiqué le maire et une source proche des secours.

«Le corps, qui se trouve dans la cabine du camion», tombé dans le Tarn, «n’a pas encore été désincarcéré», a précisé le maire, Éric Oget. Une adolescente de 15 ans a aussi été tuée dans l’effondrement. Son corps avait été retrouvé dans la matinée.

Il y avait aussi «les occupantes d’une Renault Clio venant en face avec une mère de famille qui a pu surnager et être sauvée par des témoins et, malheureusement, sa fille de 15 ans qui est décédée», a ajouté le magistrat, qui s’est rendu sur les lieux de l’accident, à Mirepoix-sur-Tarn dans le nord de Toulouse (sud-ouest).

Dans un premier temps, les autorités avaient fait état d’un éventuel troisième véhicule avec «probablement» plusieurs disparus. Le fleuve est très profond à cet endroit, plus de 20m, pour 100 m de large, et des plongeurs sont sur place.

Le pont de structure métallique, datant de 1931, avait «fait, semble-t-il, l’objet d’un suivi correct», selon lui. L’ouvrage ne présentait «aucun problème de structure» lors de sa dernière inspection «détaillée en 2017» selon les autorités locales. Le dernier contrôle a eu lieu en décembre 2018.

«Un pont théoriquement interdit aux camions de plus de 19 tonnes»

«Aucun phénomène climatique récent» ne peut être mis en cause, a assuré le maire de Mirepoix-sur-Tarn, Éric Oget

«Ces ponts sont interdits aux véhicules de plus de 19 tonnes mais il est fréquent que des camions de plus gros tonnage les empruntent», a pour sa part relevé le président de la Communauté de communes, Jean-Marc Dumoulin.

«On le prend tous les jours ce pont. On était loin de s’imaginer que le pont pouvait s’effondrer. Les bus scolaires venaient juste de passer», témoigne, des sanglots dans la voix, Audrey Laujac, 36 ans, qui habite à 100 mètres.

Ce drame «illustre malheureusement» les conclusions de la mission d’information sénatoriale sur la sécurité des ponts, à savoir qu’il y a «une vraie dangerosité de l’état de nos ponts», a déclaré son président Hervé Maurey.

Un pont s’effondre près de Toulouse: un deuxième mort retrouvé
Selon les autorités locales, ce pont «n’était pas répertorié comme un ouvrage sensible» et ne bénéficiait pas d’une surveillance particulière. Photo: AFP

Le Sénat avait mis en place la mission d’information sur la sécurité des ponts après l’effondrement d’un viaduc à Gênes le 14 août 2018 à Gênes, qui avait fait 43 morts.

Pour M. Maurey, «un des problèmes est qu’aujourd’hui on ne connaît pas l’état des ponts en France». La mission d’information a appelé fin juin à «un «plan Marshall» pour éviter un drame», réclamant un audit des ponts.

Selon les autorités locales, ce pont «n’était pas répertorié comme un ouvrage sensible» et ne bénéficiait pas d’une surveillance particulière.

Le pont, construit en 1931, mesure 155 mètres de long et 6,50 mètres de large. «Une inspection détaillée avait été faite en 2017 et n’avait révélé aucun problème de structure», avec seulement des «désordres de type évolutif normaux», d’après la même source.